L’énergie constitue l’un des postes de dépenses compressibles sur lequel une municipalité peut facilement agir, particulièrement si peu de mesures en efficacité énergétique ont été appliquées dans le passé. En 2001, une enquête menée par l’Agence de l’efficacité énergétique a permis de dresser le portrait énergétique des municipalités et d’évaluer les besoins du milieu.
Le sondage a permis de mieux comprendre la problématique de l’énergie dans le secteur municipal et de confirmer l’importance d’adapter les interventions à la réalité québécoise.
Les données de consommation d’énergie disponibles permettent d’estimer la facture énergétique annuelle des municipalités du Québec à environ 330 millions de dollars, pour une moyenne de 45 $ per capita. Cette facture provient principalement de la consommation reliée aux bâtiments et aux équipements municipaux, au traitement de l’eau, à l’éclairage des rues et au transport.
La facture énergétique se répartit comme suit :
Ces dépenses énergétiques se répartissent selon trois principales sources :
En se basant sur les dépenses déclarées et sur les prix moyens du combustible pour l’année de référence, on estime que la production totale de gaz à effet de serre (GES) est de l’ordre de 400 000 tonnes en équivalent de CO2. Cette production se répartit comme suit
De plus, des études complémentaires menées dans le cadre du programme d’intervention en réfrigération dans les arénas du Québec indiquent que ce type de bâtiment produit près de 19 % de GES dont la moitié provient des fuites de gaz réfrigérant.
En 2002, l’Agence de l'efficacité énergétique lançait avec l’appui financier d’Hydro-Québec et de Gaz Métro le volet « bâtiments municipaux » de son programme de promotion de l’efficacité énergétique. Ce programme encourage la mise en place d’un plan d’action en efficacité énergétique visant l’amélioration de la performance par la réalisation de travaux sur les bâtiments.
La première étape du programme consiste à répertorier les caractéristiques des principaux bâtiments municipaux. Cela se traduit par une description sommaire du bâtiment, de son usage, des horaires d’occupation, de l’état général de l’enveloppe de même que l’état des systèmes de chauffage, de ventilation et d’éclairage. Ces informations et l’analyse des factures d’énergie permettent alors de réaliser un bilan énergétique.
Le programme a permis d’analyser plus de 325 bâtiments. Cette analyse s’appuie sur deux indicateurs :
| Performance énergétique | Consommation énergétique |
|---|---|---|
Caserne de pompier | 282 | 19,20 |
Hôtel de ville | 252 | 17,92 |
Garage | 288 | 17,93 |
Bibliothèque | 286 | 25,36 |
Centre communautaire | 167 | 13,26 |
Les casernes de pompiers, les hôtels de ville et les garages municipaux sont généralement les bâtiments qui consomment le plus. Tout usage confondu, les bâtiments de 20 à 40 ans semblent consommés davantage alors que les plus récents ne sont pas nécessairement les plus performants. Les résultats de l’analyse de ces bâtiments révèlent que :
Ceci correspond à un potentiel moyen de 20,4 kWh/m²/année, soit 8,7 % de la facture énergétique. Cette évaluation du potentiel exclus les mesures complexes nécessitant l’intervention de firmes de consultants. Des 9,8 mesures recommandées par bâtiment, la moitié font appel à des gestes associés à la gestion ou au contrôle des opérations, alors que chaque bâtiment reçoit en moyenne une proposition de mesure pour l’éclairage, l’entretien, le chauffage et la climatisation ainsi que la ventilation.
Classes de mesures | Fréquence |
|---|---|
Chauffage/climatisation/eau chaude | 3% |
Éclairage | 11% |
Entretien | 15% |
Gestion | 53% |
Ventilation | 9% |
Autres | 9% |
Une municipalité qui désire s’engager activement dans le contrôle de ses dépenses d’énergie doit s’appuyer sur un plan d’action en efficacité énergétique connu et approuvé de tous. Le cœur de ce plan d’action, outre la volonté ferme des autorités de le réaliser, demeure l’identification d’un responsable (énergie) au sein de l’administration.
Le mandat de cet acteur majeur sera la conception et la réalisation du plan d’action en efficacité énergétique ainsi que le suivi et éventuellement le contrôle des dépenses d’énergie. Cette personne doit être choisie avec soin, car il est difficile de trouver au sein de petites municipalités une personne ayant les connaissances techniques spécialisées permettant de réaliser ou de coordonner les travaux d’amélioration. Vous devez donc rechercher une personne proactive qui connaît bien le contexte municipal.
Souvent, cette personne est le secrétaire-trésorier. De la formation d’appoint ou un appui par une firme de consultants peuvent pallier aux lacunes techniques. Dans certains cas, une personne peut être désignée pour l’ensemble de la MRC.
Le défi qui s’offre à vous est très clair : convaincre qu’en matière d’efficacité énergétique, chaque geste posé est un geste qui compte.
Il existe maintenant un programme d’optimisation en réfrigération (OPTER) destiné aux propriétaires d’arénas et de centres de curling visant à optimiser leurs installations en réfrigération. Au-delà de leur consommation énergétique importante, ces installations utilisent souvent des produits réfrigérants dommageables pour l’environnement et produisent des gaz à effet de serre (GES) qui pourraient être évités. Ce programme est financé dans le cadre de l'action 1 du Plan d'action sur les changements climatiques 2006-2012 (PACC).
Programme d'aide à l'innovation en énergie / Technoclimat
Programme d'appui au secteur manufacturier / Programme de réduction de consommation de mazout lourd